8 Avr. 2021

Découverte, Insolite, Patrimoine

Anselme Boix-Vives,
peintre à Moûtiers

Anselme Boix-Vives (1899 -1969) est un grand artiste d'origine espagnole. Ce peintre autodidacte du XXè siècle s'installe à Moûtiers, en Savoie, où il ouvre son épicerie en 1928.  
A la mort de sa femme, en 1962, et durant 7 années, il se consacre à la peinture et réalise plusieurs milliers d'oeuvres. Ces dernières voyagent au fil de ses expositions en Tarentaise : Moûtiers, Albertville, Val d'Isère mais aussi à Annecy, Paris, en Suisse, en Allemagne, et même aux Etats-Unis ! 
Aujourd'hui, son épicerie située au 39-41, Grande Rue à Moûtiers, est restée dans la famille, ses petit fils et arrière petit fils en sont les actuels gérants.

Anselme Boix-vives

Sa vie

Anselme Boix-vives nait en 1899 à Herbeset en Espagne. Cinquième d’une famille de 9 enfants, il est issu d’un milieu modeste. Sa vie en Espagne est marquée par la dureté d’une économie de subsistance. Il est alors gardien de moutons et de cochons et ne reçoit aucune formation scolaire.

A son arrivée en Savoie en 1917, il travaille dans les usines, à la mine, puis devient marchand de primeurs. Son activité prospère avec l’ouverture d’un magasin dans la station thermale réputée de Brides-les-Bains, en 1922. Plus tard, il se diversifie avec le négoce de fruits entre la Provence et la Savoie avant d’ouvrir un magasin d’alimentation à Courchevel 1850, en 1952. Tout juste 4 ans après la création de la station.

Profondément marqué par un défilé militaire avec des soldats mutilés de la 1ère guerre mondiale, il devient pacifiste militant et imagine en 1955, un Plan d’Organisation Mondiale sans Politique : La Paix par le travail. Il publiera plusieurs manifestes :

« La paix universelle », « Plan d’organisation mondiale sans politique. La Paix par le travail » (1957), « Plan de l’organisation du Monde, La Paix par le travail sans politique » (1958), Plan financier d’organisation mondiale. La Paix par le travail (1961).

Il contacte les personnalités du monde politique en vue de la reconnaissance et de la diffusion de son plan mais ses démarches restent sans suite.

De son union avec son épouse Marie Louise Marquès-Llull naîtront 6 enfants, dont son fils Michel qui s’inscrit à l’Ecole des Beaux arts de Grenoble. Anselme n’approuve pas ce choix. C’est Michel qui incitera Anselme à peindre après le décès de son épouse. Pendant ce temps, Laurent, un autre de ses fils, rachète les établissements Abel Rossignol.

 

Son œuvre

Durant sept années, entre 1962 et 1969, Anselme Boix-Vives produit plus de 2 000 œuvres fascinantes et colorées, fortement expressives et très originales (personnages réels ou imaginaires, figures humaines aux traits souvent simiesques, animaux fabuleux, fleurs multicolores…).

Certains qualifient sa peinture de naïve et lunaire, lui explique que quand il était berger, il couchait dehors et regardait la lune. Il l’imaginait alors peuplée de gens ressemblant à sa peinture.

En général, on associe son œuvre aux tendances de l’art dit « Naïf » ou « brut » avec des figures délimitées mais dépourvues de contexte géographique : ses figures humaines sont qualifiées de hiératiques, burlesques voire grotesques et s’apparentent à des formes du domaine des plantes, des espèces terrestres ou aquatiques. Dans ses œuvres, pas de travail de « construction » à proprement parler ni de mesures de distance mais des juxtapositions, contacts et fusions des motifs. Toutefois, une forme d’organisation transite par la représentation récurrente de frises, de quadrillage, de rayonnement, patchwork, mosaïques… L’attention est avant tout portée à la physiologie des formes et des couleurs par lesquelles passe la lumière.

Son activité picturale est libérée de toute obligation de réalisme et le mélange des couleurs intervient directement sur le support et non sur la palette pour nuancer l’interaction des plans.

La Marche sur Washington

 

Sa créativité débordante et spontanée s’affiche sur les murs de son épicerie. Crayons gras et gouaches font désormais partie de son quotidien et s’inspirent parfois des images d’actualité qui lui parviennent via son poste de télévision, véritable ouverture sur le monde. Il dit à l’époque : « Je n’avais jamais vu de peintures faites par de vrais peintres, il me fallait des modèles. Alors j’ai acheté la télévision, comme ça ici, j’ai le monde à peindre ».

Parmi ses créations, on peut citer « la Marche sur Washington », » le mariage de Kennedy », « Joséphine Baker et ses nombreux enfants », le pape Jean XXIII …

Son inspiration est aussi locale. En 1964, il peint « la mise au tombeau » d’après le groupe sculpté en bois polychrome de la cathédrale de Moûtiers et l’année suivante, « le baptême des jumelles » lié à un événement familial (sa plus grande peinture 150×180 cm).

D’abord moqué, son art plait à Paris où son fils Michel le fait connaître au monde de l’Art parisien. Le début de l’aventure commence et les expositions à travers le monde s’enchainent…

En 1962, il expose une cinquantaine de gouaches dans son épicerie à Moûtiers, elles voyageront à Berne (1964), à Paris (1964), à Val d’Isère (1966) au côté des tableaux de Salvador Dali et même à New-York !

 

 

 

Ouvrage : « Anselme Boix-Vives »

En vente à l’office de Tourisme de Cœur de Tarentaise (Moûtiers)

Vente en ligne ici : 33,64 € (dont 8,64 € de frais de port)

 

Tarif : 25 €

 

 

 

Anselme Boix-vives, c’est un peu notre Robert Combas moûtierain, non ?!

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1 Robert Combas                   

2 Anselme Boix-Vives – Ministre lunaire